« Taxe de l’arbre » : Vincent Bourassa revient sur sa première gestion de crise à Victoriaville

Claude Marquis | 28 février 2026 | 07:00
Le maire de Victoriaville, Vincent Bourassa. (Crédit photo Claude Marquis - monvicto.com)

À peine trois mois après être entrés en poste, le maire de Victoriaville, Vincent Bourassa, et son équipe municipale ont dû gérer leur première crise. La mesure d’écofiscalité pour les propriétaires résidentiels, annoncée début février, a fait rugir beaucoup de gens et bien au-delà des limites de la ville. Maintenant « de l’autre côté de la vague », Vincent Bourassa a pris un moment avec monvicto.com pour revenir sur ces deux semaines particulièrement « rock’n’roll ».

Questionné à savoir comment il allait après cette période assez mouvementée, le nouveau maire de Victoriaville soutient « être capable d’en prendre » même s’il avoue avoir trouvé la situation « bien malheureuse ».

D’abord dévoilée comme une mesure d’écofiscalité qui se voulait « en continuité » avec celle annoncée en janvier 2025, la redevance exigée aux propriétaires résidentiels en fonction du pourcentage de canopée sur leur terrain a fait bondir plusieurs citoyens. La « taxe de l’arbre » est devenue le sujet viral des grands médias nationaux pendant une bonne semaine. La Ville de Victoriaville affirme avoir reçu plus d’une centaine de demandes d’entrevues en lien avec le sujet.

En entretien avec monvicto.com, Vincent Bourassa mentionne « être tombé des nues » après avoir réalisé l’ampleur que prenait l’annonce de la redevance. Il n’avait pas anticipé la réaction de la population et encore moins, le fait que toute la province aurait les yeux rivés vers Victoriaville pendant une semaine.

Il se désole de la couverture médiatique qu’il qualifie de « biaisée » faite par certains médias sur le sujet de la redevance. Des titres « tendancieux », des entrevues aux questions « clairement biaisées »… M. Bourassa a dû défendre « sa taxe », qui n’en est pas une, contre une mobilisation qui était déjà convaincue d’avance que ce n’était pas la bonne façon de s’y prendre pour augmenter le couvert végétal sur le territoire.

Parce que rappelons, ici, que les gens n’ont pas critiqué la raison derrière la redevance, mais plutôt la redevance en tant que telle.

Pédagogie et dialogue

Pour le maire de Victoriaville, le conseil municipal a failli dans un élément important dans ce dossier : la pédagogie et le dialogue avec la population.

Vincent Bourassa est d’avis que si la Ville avait pris plus de temps pour discuter avec la population et expliquer davantage le concept de la redevance avant de la dévoiler, les citoyens auraient peut-être été plus enclins à contribuer.

La « taxe de l’arbre », terme utilisé par plusieurs grands médias pour parler de la redevance, a réduit en miettes toutes possibilités pour l’administration Bourassa de rattraper le message et de faire un peu de pédagogie auprès de la population.

La « taxe de l’arbre » n’a jamais été une taxe, mais bien une redevance. Une taxe municipale est prélevée sur le compte de taxes des citoyens et est basée sur la valeur foncière du bâtiment et du terrain. Une redevance, c’est plutôt un prélèvement qui sert exclusivement à l’objectif auquel elle est prédestinée. Dans ce cas-ci, la redevance sert, notamment, à la plantation d’arbres.

Avec du recul, M. Bourassa affirme mieux comprendre la forte réaction des citoyens lorsqu’ils ont aperçu une nouvelle ligne « Canopée » sur leur compte de taxes, reçus en janvier. Vincent Bourassa comprend, non seulement, que les gens « sont tannés » de voir leur compte de taxes augmenter, mais il saisit aussi le sentiment « d’intrusion » que certains citoyens ont ressenti en se faisant « imposer » un nouveau montant d’argent par la municipalité. Il faut savoir que, selon les chiffres de la Ville, les propriétaires résidentiels se sont fait charger entre 12$ et 38$ selon leur pourcentage de canopée.

Un conseil qui réagit vite

Si Vincent Bourassa déplore le manque d’explications données auprès de la population, il salue, par contre, l’unification du conseil municipal pendant cette période de crise.

La Ville de Victoriaville a dû gérer des citoyens mécontents, des commentaires haineux et agressifs sur les réseaux sociaux et des demandes d’entrevues par centaines, tout en travaillant à trouver une solution pour calmer le jeu. En à peine trois jours, pendant des réunions qui se sont notamment données la fin de semaine, le conseil et les administrateurs de la Ville se sont rencontrés pour discuter de la meilleure issue pour sortir de cette impasse, tout en restant fidèle aux valeurs durables de la Ville.

Pour des raisons administratives, la meilleure solution était de rendre la redevance volontaire au lieu de l’annuler complètement. Sur les 11 000 comptes de taxes de citoyens sur lesquels figurait la ligne « Canopée », la Ville affirme avoir reçu plus de 3500 demandes de non-contribution.

Malgré le brouhaha et le tourbillon violent des réseaux sociaux, le maire de Victoriaville affirme avoir tout de même pu discuter « de manière très respectueuse » avec une panoplie de citoyens qui ont su amener des pistes de solutions intéressantes et constructives pour aider la Ville à se « revirer de bord ». Une preuve supplémentaire que le dialogue ouvert avec les citoyens est une avenue à privilégier à l’avenir.

Le conseil s’est, non seulement, montré uni pour affronter cette tempête, mais Vincent Bourassa a également salué le travail de terrain de ses dix conseillers municipaux qui se sont montrés présents et disponibles pour les citoyens de leur district respectif.

On tourne la page

La leçon que le maire et ses conseillers retiendront de cette mésaventure est de prendre le temps de dialoguer, d’écouter et d’expliquer. Pour toutes autres initiatives futures qui impliqueraient les citoyens, l’administration municipale en place assure qu’elle continuera de prôner la communication avec la population pour assurer la compréhension des objectifs recherchés et des moyens utilisés.

Que la redevance soit la décision de telle ou telle administration municipale, la Ville de Victoriaville est une ville Fièrement durable, comme son slogan le stipule, et les élus poursuivront leurs efforts pour augmenter le couvert végétal sur le territoire, que ce soit sous forme de concours pour faire tirer des arbres ou d’autres initiatives variées parce que « les changements climatiques, nous, on y croit, » conclut le maire de Victoriaville, Vincent Bourassa.