Carte électorale modifiée par les élus: un commissaire claque la porte

La Presse Canadienne | 18 juin 2026 | 11:14
Le ministre québécois des Insitutions démocratiques, Jean-François Roberge, avait présenté la loi 3, qui ajoute deux circonscriptions à la carte électorale. Photo prise à Québec, le mercredi 6 mai 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot

Un membre de la Commission de la représentation électorale (CRÉ) quitte ses fonctions pour protester contre la nouvelle carte électorale au Québec qui a été modifiée, puis imposée par les élus.

En entrevue avec La Presse Canadienne jeudi, Kevin Bouchard explique qu’il ne pouvait tout simplement pas se faire « complice de ce geste (…) tout à fait inacceptable ». 

« En toute conscience, c’était impossible pour moi de publier la carte qui était dictée par les élus », a-t-il affirmé, disant constater le « début d’une dérive démocratique » au Québec. 

« Maintenant, on sait que les élus interviennent s’ils ne sont pas satisfaits du résultat d’un processus indépendant. »

Pour rappel, la Loi électorale prévoit une révision de la carte électorale après deux élections générales, puisque les mouvements de population créent des inégalités de représentation. 

La CRÉ avait décidé en 2023 d’abolir deux circonscriptions, en Gaspésie et dans l’Est de Montréal, pour en créer deux autres, dans les Laurentides et dans le Centre-du-Québec.

Insatisfaits, les députés ont tenté en 2024 d’annuler le processus de redécoupage en adoptant la loi 59, qui a depuis été invalidée par la Cour d’appel et la Cour suprême du Canada.

Ils ont persévéré en adoptant, le 12 juin dernier, le projet de loi 3 qui conserve finalement les quatre circonscriptions en cause. Le nombre de comtés au Québec est passé de 125 à 127.

Seul le député indépendant Youri Chassin s’est opposé au projet de loi 3 et a tenté d’en stopper l’adoption, en vain.

Dans sa lettre de démission envoyée à l’Assemblée nationale, M. Bouchard affirme que « les décisions prises par les élus (…) ont rendu impossible l’exercice digne et responsable du mandat qui m’a été confié ».