Dépenses électorales dans Arthabaska : Duhaime dit qu’il est blanchi
Le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime.
(Photo PCQ) Le chef conservateur Éric Duhaime soutient avoir été blanchi par le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) des accusations de malversations lancées par le Parti québécois (PQ), à la suite de l’élection complémentaire dans Arthabaska en 2025.
Le PQ affirmait que M. Duhaime – qui était candidat et qui a été battu par le péquiste Alex Boissonneault – avait largement sous-estimé ses dépenses électorales et ainsi contrevenu à la loi.
En mêlée de presse mercredi, M. Duhaime a assuré que tout était finalement conforme: le DGEQ a fait savoir au PCQ que le rapport des dépenses du PCQ était «complété», que la vérification était «terminée» et en outre le dernier chèque a été envoyé.
«Non seulement le DGEQ a remboursé, mais il n’a pas donné suite aux plaintes», a-t-il déclaré.
«Cela prouve qu’ils (les péquistes) sont dans une campagne de salissage, (…) ce n’était que du salissage sans aucun fondement. Leur intention était d’avoir le mot ‘fraude’ à côté de ‘conservateur’».
M. Duhaime a ajouté qu’il faisait confiance aux Québécois et qu’il n’allait pas poursuivre le PQ.
«On n’ira pas engorger les tribunaux pour ça», a-t-il conclu.
DGEQ
Le DGEQ a pour sa part réagi avec prudence. En entrevue avec La Presse Canadienne, sa porte-parole, Julie St-Arnaud, a fait savoir qu’elle devait faire des vérifications auprès des équipes.
Selon elle, s’il y a bel et bien eu remboursement, c’est qu’on juge que la dépense était conforme et qu’il est possible qu’on juge qu’elle est conforme.
Mais si des faits nouveaux sont apportés, il est possible qu’une enquête soit ouverte, a-t-elle ajouté.
Précisons qu’il est dans la pratique du DGEQ de ne pas confirmer ni infirmer s’il y a enquête.
En vertu des règles, les partis politiques et les candidats peuvent recevoir un remboursement correspondant à 50 % des dépenses électorales qu’ils ont engagées et acquittées conformément à la Loi électorale, s’ils se conforment à certaines conditions.
Des livres et un logement
Les accusations du PQ concernaient notamment la distribution gratuite d’un livre de M. Duhaime, soit sa propre biographie, «Envers et pour tous».
Le PQ soutenait que M. Duhaime aurait bénéficié d’un rabais sur les livres.
Or, la loi électorale prévoit que nul ne peut «réclamer ou recevoir un prix différent du prix courant» pour des biens ou des services fournis à un candidat.
M. Duhaime disait avoir sollicité l’avis du DGE avant de faire l’achat du lot de livres.
Jeudi, il a dit avoir obtenu la preuve écrite de l’avis qu’il avait sollicité «avant de distribuer les livres».
Par ailleurs, le PQ reprochait également au chef du PCQ d’avoir également payé un loyer bien inférieur au marché pour le logement qu’il a loué.
M. Duhaime avait expliqué ne pas avoir payé le plein prix affiché en ligne, parce qu’il n’avait pas loué l’entièreté de l’immeuble.
Rappelons que le chef du PCQ avait misé gros sur cette complémentaire déclenchée le 11 août 2025 pour enfin faire son entrée à l’Assemblée nationale, dans une circonscription où les conservateurs faisaient bonne figure, mais c’est finalement le candidat péquiste Alex Boissonneault qui a été élu.
Ce dernier avait obtenu 46 % des votes, contre 35 % pour le PCQ. La Coalition avenir Québec, qui détenait la circonscription depuis plus de 10 ans, avait terminé quatrième avec 7 % des votes.